LE
TRAITÉ DE L'UNION EUROPÉENNE
Le
Traité sur l'Union européenne signé à Maastricht le 7 février 1992 stipule un certain
nombre de principes.
Ces principes de l'Union sont le respect de l'identité nationale des États
membres et des droits fondamentaux. La Communauté n'intervient que si une
action commune est plus efficace que des actions nationales. Ce souci de
prendre les décisions le plus près possible des citoyens est affirmé dans le
principe de "subsidiarité".
Le Conseil européen est l'institution suprême de l'Union. Il réunit
les chefs d'État et de Gouvernement des États membres et définit les
orientations politiques générales de l'Union européenne.
Le Conseil des ministres de la Communauté met en œuvre ces orientations en
adoptant les textes communautaires nécessaires.
La Commission propose les projets de textes et veille ensuite à
leur application.
Le
Parlement européen donne son avis
sur ces projets et participe dans certains cas à la prise de décision. La Cour de justice garantit
l'application du droit communautaire .
Quelles sont les modifications
apportées à la CEE ?
Des
dispositions nouvelles intéressent quatre domaines principaux:
a. La citoyenneté européenne:
le
Traité institue une citoyenneté de l'Union européenne: "Est citoyen a l'Union
toute personne ayant la nationalité d'un État membre". Cette citoyenneté
ouvre le droit de circuler et de séjourner librement dans les douze pays de la
Communauté.
Elle
permet de recevoir une protection à l'étranger de la part des ambassades et des
consulats de chaque État membre.
Elle
accorde le droit de voter et d'être élu dans l'État de résidence pour les
élections européennes et les élections municipales, sous un certain nombre de
conditions (durée de résidence principale, refus de double inscription...) à
remplir.
En
France, les ressortissants des onze autres États pourront être conseillers
municipaux mais ne pourront pas être maire ou adjoint au maire, ni participer à
l'élection des sénateurs.
b. L'Union économique et monétaire:
Celle-ci est l'aboutissement du processus engagé
en 1979 avec la création du système monétaire européen, qui limite déjà
aujourd'hui les fluctuations entre onze des douze monnaies de la Communauté.
Cette Union dotera la Communauté d'une monnaie unique.
L'Union économique et monétaire se réalisera en trois étapes :
◊ au cours de la première étape, qui s'est achevée
le 31 décembre 1993, a été mis en œuvre un marché unique des capitaux;
◊ pendant la deuxième étape, depuis le 1er
janvier 1994, la coordination des politiques économiques est renforcée, afin de
réduire l'inflation et les taux d'intérêt, de limiter les déficits publics et
de permettre ainsi au plus grand nombre possible d'États de remplir les
conditions d'accès à la monnaie unique. Un
Institut Monétaire Européen préparera le passage à la monnaie unique;
◊ la troisième et dernière étape verra la création d'une monnaie
unique et stable et d'une Banque centrale européenne indépendante.
Celle-ci
sera dirigée par un directoire de six membres désignés par le Conseil européen
et par le Conseil des gouverneurs de banques centrales nationales.
La
décision de passage à cette troisième étape pourra intervenir à partir de 1996;
elle sera effective au plus tard au 1er
janvier 1999. En vertu d'un protocole particulier, la Grande-Bretagne participe
aux deux premières étapes, mais elle réserve aujourd'hui sa décision pour la
troisième.
c. Les actions communes:
le Traité complète certaines compétences déjà
prévues par des textes antérieurs dans le domaine de l'environnement, de la
recherche, de la formation, de la cohésion économique et sociale.
Il institue aussi
de nouveaux champs d'action: éducation, culture, santé publique, protection
des consommateurs, réseaux trans-européens (transports notamment), industrie.
Toutes ces interventions ne viendront qu'en complément
des actions des États membres et devront veiller à respecter la diversité des habitudes.
La
politique sociale de la
Communauté vise à mettre en œuvre la Charte sociale adoptée en 1989 par le
Conseil européen de Strasbourg en utilisant les institutions et les procédures
de la Communauté.
Elle fait l'objet d'un protocole annexe pour tenir
compte de la réserve de la Grande-Bretagne sur ce projet.
Le Conseil des ministres pourra adopter à la majorité
qualifiée des dispositions visant à améliorer le milieu de travail, les
conditions de travail, l'information et la consultation des travailleurs, l'égalité
entre hommes et femmes, l'intégration des personnes exclues du marché du
travail.
Les éventuelles décisions relatives à la sécurité
sociale et à la protection sociale ne peuvent être prises qu'à l'unanimité des
Douze.
En outre, le dialogue entre partenaires sociaux
est reconnu au niveau européen et pourra notamment conduire à des conventions
collectives européennes.
Les nouveaux droits du Parlement
européen:
Désormais,
il sera associé à la nomination des membres de la commission.
Il
désignera un "médiateur" européen. Il pourra constituer des
commissions temporaires d'enquête ou recevoir des pétitions sur des cas de
mauvaise administration.
En outre, pour le vote de certains textes
communautaires, il détiendra un pouvoir
nouveau de "codécision" qui lui permettra, en cas de désaccord,
de rejeter à la majorité absolue de ses membres une décision prise par le
Conseil des ministres.
Enfin, une déclaration annexe prévoit que le
Parlement européen et les Parlements nationaux organiseront des réunions
régulières
Ces
notifications du traité CEE sont transposées aux traités CECA et EURATOM.
La politique étrangère et de
sécurité commune :
Les douze États membres avaient institué "la
coopération politique" afin de parvenir à des positions communes. Le
nouveau Traité préserve cet acquis, mais il innove de deux manières:
• il rend possible des actions communes dans des domaines de politique étrangère qui
devront être définis ensemble par les douze États membres. Ces actions communes
seront, en règle générale, adoptées à l'unanimité, mais les Douze auront la
possibilité de décider à tout moment d'adopter des mesures à la majorité
qualifiée;
• il permet à l'Union européenne d'intervenir dans
les questions relatives à la sécurité pour
définir une politique qui pourrait conduire, le moment venu, à une défense commune.
Cette action pourra s'appuyer sur une institution existante, l'Union de
l'Europe Occidentale (UEO), qui sera chargée d'élaborer et de mettre en œuvre
les décisions et les actions de l'Union européenne dans le domaine de la
défense.
Pour
la politique étrangère et la sécurité, les États membres peuvent continuer à
agir pour leur propre compte, sans aller toutefois à l'encontre des décisions prises
en commun
La coopération en matière de justice
et d'affaires intérieures :
Le nouveau Traité institue entre les Douze une coopération en matière de police et de
justice pour accompagner la libre circulation des personnes décidée par l'Acte
unique et la Convention de Schengan.
Cette coopération a pour objet d'assurer la sécurité et la protection des
citoyens européens dans le nouvel espace européen ainsi créé.
Elle porte sur les domaines suivants :
• règles de franchissement des frontières
extérieures de la Communauté et renforcement des contrôles;
• lutte contre le terrorisme, la criminalité, le
trafic de drogue et la fraude internationale;
•
coopération en matière de justice pénale et civile;
• création d'un Office européen de police doté
d'un système d'échange d'informations.
Les
décisions en ce domaine se prennent à l'unanimité. Ce n'est qu'à partir de 1996
que les mesures touchant à la délivrance des visas seront décidées à la
majorité qualifiée; mais un État membre pourra cependant prendre les
dispositions nécessaires pour assurer sur son territoire le maintien de l'ordre
public et la sauvegarde de la sécurité intérieure.
Coopération dans les domaines de
l'immigration et de l'asile :
Le
nouveau Traité institue une coopération a pour but de mieux lutter contre
l'immigration irrégulière et d'engager progressivement, dans un espace ouvert,
une politique commune d'immigration entre des États qui sont désormais
confrontés aux mêmes situations.
Que comportent les dispositions
finales ?
Elles
règlent pour l'essentiel un certain nombre de points de procédure: révision du
Traité, examen d'une demande d'adhésion de la part d'un État européen, entrée
en vigueur du Traité.
Elles
prévoient un "rendez-vous" en 1996 où une conférence intergouvernementale
examinera la possibilité de réviser le Traité.
Au
sein d'une Communauté devenue plus démocratique, les Européens, maîtriseront
mieux leur avenir.