PLAN DU COURS
Attention
: ce cours est libre de droits mais ne peut être utilisé à
des fins commerciales, sous peine de poursuites. Les enseignants peuvent l'utiliser
librement pour leur cours. Dans ce cas, les ajouts ou actualisations qu'ils
pourraient faire seraient les bienvenus afin que tous en profitent. Bon travail
!
''Connaissance pour tous ''
I. LES
ORIGINES DE LA SCIENCE ÉCONOMIQUE.
1- Lieu de rencontre des offres
et demandes d'une marchandise.
2- Différents types de marchés
• Le marché de concurrence parfaite
• Les autres types de marchés
1- Adam SMITH (1723
- 1790).
Les bienfaits de la concurrence
Valeur des marchandises et prix
Donc le prix naturel dépendrait
de l'ensemble du coût
La division du travail.
2- David RICARDO
(1772~1823)
L'abstraction.
La rente foncière.
La théorie des avantages comparatifs
3- Karl MARX (1818-1883).
Économiste, philosophe,
homme d'action.
L'analyse marxiste, une critique vigoureuse
du capitalisme.
Le travail à l'origine de la valeur
des marchandises.
Le salaire: valeur de la force de
travail.
Le surtravail non de la plus-value.
Marx à l'origine d'éléments importants
de la pensée économique moderne.
4- Léon WALRAS
(1834 - 1910).
L'utilité rareté.
La formation des prix en situation de concurrence
pure et parfaite
La démarche de l'économie pure
Théorie de l'équilibre économique
général.
L. WALRAS A L'ORIGINE DE LA PENSÉE
NÉOCLASSIQUE ACTUELLE.
Économie néoclassique, économie
walrassienne.
Le rejet de la valeur travail et l'analyse
à la marge.
La concurrence pure et parfaite
conduit à l'optimum économique.
L'agrégation des comportements micro
économiques.
La tendance à l'autorégulation.
La défense du capitalisme.
5- John Maynard KEYNES (1883
- 1946).
Une approche macro-économique
et en termes de circuit.
De la contestation de la loi J.-B. Say.
Au rôle central de la demande effective.
Le rôle actif des entrepreneurs.
L'intervention de l'État.
La monnaie n'est pas neutre.
V. QUESTIONS
INTRODUCTION A L'ÉCONOMIE GÉNÉRALE
I. LES ORIGINES DE LA SCIENCE ÉCONOMIQUE
Le mot "économie" vient du grec oikonomos, de oikos, la maison et nomos,
l'administration, c'est-à- dire étymologiquement, l'administration de la maison.
Ce terme est utilisé pour la première fois par Xénophon (445- 355 av. J.C), disciple
de Socrate, dans un ouvrage intitulé "l'économique"
qui donne les règles d'une bonne gestion foncière.
En 1615 paraît un ouvrage intitulé "Traité d'économie politique".
L'auteur, le français Antoine de Montchrestien, y emploie pour la première fois le terme
"d'économie politique".
L'étymologies est cette fois " administration du patrimoine de la cité".
On retrouvera fréquemment par la suite le terme d'économie
politique, assorti de définitions différentes.
Pour J.B.
Say, l'économie politique décrit la façon
dont les richesses sont produites, distribuées et consommées dans la société.
Pour Stuart
Mill, l'économie politique traite de la
population et de la distribution des richesses.
Différentes écoles vont se succéder, chacune a apporté
sa pierre à l'édification de la science économique moderne, en répondant,
en son temps, aux préoccupation des agents économiques.
Pour les tenants de la première école, dite "école classique", la science économique
doit permettre de découvrir les "lois naturelles" régissant l'activité économique.
Trois grands courants de la pensée économique approfondiront,
par la suite, l'apport de l'école classique à la science économique.
L'école
"néo- classique" adaptera
les thèses classiques à l'évolution des paramètres économiques.
Le courant de pensée
marxiste va privilégié l'étude du "facteur travail" et s'efforcera
de démontrer l'exploitation des travailleurs
par les capitalistes, tout en proposant de nouvelles structures économiques.
L'école
keynésienne préconisera une
voie moyenne entre capitalisme pur et socialisme dur, en assignant à l'État un rôle de régulateur de l'économie.
II. NATURE ET OBJET DE LA SCIENCE ÉCONOMIQUE
Deux schémas (pages suivantes), réalisés sous forme
de schémas "heuristiques" (nous reviendrons sur ce terme et cette
technique dans le prochain cours) vous résument la nature et l'objet de la
science économique.
Outre l'aspect schématique, l'intérêt d'une telle
approche, réside dans le fait qu'une lecture attentive devrait susciter des
questions de votre part.
N'oubliez pas qu'à part quelques définitions, on
vous demande surtout d'appliquer votre esprit de réflexion à des thèmes d'actualité
économique.


Cette
"scène de la vie quotidienne" résume tous les ingrédients de base
de l'échange sur un marché.
• La concurrence monopolistique
Dès
qu'une de ces conditions n'est pas remplie, la concurrence est imparfaite.
Aussi dans la réalité la concurrence
imparfaite est la règle, la concurrence parfaite l'exception. Certains
parlent de concurrence monopolistique
pour caractériser les situations de marché dans lesquelles les produits
ne sont pas homogènes. Dans ce cas, chaque entrepreneur détient le monopole
d'un produit et subit la concurrence
d'entrepreneurs qui fabriquent des produits substituables.
• Le monopole : un vendeur est le seul à produire ou commercialiser
un produit (exemple du monopole de distribution de l'électricité en France
par EDF)
• L'oligopole : quelques vendeurs se partagent
le marché d'un produit (cas du secteur automobile) face à un grand nombre
d'acheteurs
Plusieurs
remarques sont à faire:
1- Vous devez parfaitement connaître les grandes lignes
de leurs théories car vous devez être capables de citer ces auteurs à
bon escient, et sans commettre d'erreurs, le jour de l'examen.
2- Les propos tenus par ces auteurs peuvent parfois vous paraître dénués de bon sens: n'oubliez
jamais que leurs théories s'appliquaient dans des contextes complètement différents
du nôtre et qu'ils étaient pertinents en leur temps.
3- Dans les dissertations
qui vous seront proposées, vous devrez
être capables de citer ces auteurs.
IV. PANORAMA DES GRANDS ÉCONOMISTES NON CONTEMPORAINS
Il
a toujours été, il est encore inutile, pour faire régner l'équilibre entre
production et besoins, d'établir une réglementation. Un ordre s'établit spontanément,
pourvu que subsiste entre les hommes la concurrence.
Si
par hasard, en cas de concurrence, un déséquilibre devient menaçant, aussitôt
se produit un mouvement des prix: les marchandises surproduites baissent,
ce qui décourage leur production; celles qui, au contraire, sont plus demandées
qu'offertes voient monter leur prix, ce qui stimule leur production; ainsi
l'équilibre se réalise de lui-même.
L'ordre
ainsi établi est le plus juste possible: chaque vendeur est rémunéré d'après
l'importance des services qu'il rend, le prix de ces derniers variant dans
le même sens que l'intensité ou le nombre des besoins qu'il s'agit de satisfaire.
Enfin
le progrès est lui aussi assuré, comme l'ordre et la justice; l'épargne nécessaire
à la formation des capitaux et donc à l'extension de la production est en
effet stimulée par la rémunération qu'elle reçoit sous la forme d'un ~ intérêt),
dont le taux dépend lui aussi de l'offre et de la demande des capitaux.
A
quoi bon dès lors des réglementations? Elles ne pourraient qu'être néfastes
et détruire le providentiel mécanisme ainsi décrit; elles ne pourraient avoir
pour but que de fixer un niveau artificiel des prix (mais alors un déséquilibre
apparaîtrait entre offre et demande), ou de rétablir des sortes de monopoles,
comme celui des corps de métiers; or tout monopoleur cherche à abuser de sa
situation pour gagner trop. Bref, pourvu que la concurrence soit maintenue,
tout individu poursuivant son intérêt personnel est amené bon gré mal gré
à servir l'intérêt général, et l'activité de tous est telle que l'ordre, la
justice et le progrès sont assurés.
Valeur des marchandises et
prix
Smith
distingua «valeur en usage» et
«valeur en échange» après beaucoup d'auteurs
de son temps. Il ajouta: « Les choses qui ont le plus de valeur en usage ont
souvent peu ou point de valeur en échange; au contraire les choses qui ont
la plus grande valeur en échange ont souvent peu de valeur en usage.
Rien
n'est plus utile que l'eau; mais on ne peut presque rien acheter avec... Au
contraire un diamant n'a presque pas de valeur d'usage, mais on peut obtenir
en échange une très grande quantité de biens.»
Dans
le prix de la farine, il faut ajouter au prix du blé les profits du meunier
et les salaires de ses ouvriers; dans le prix du pain, les profits du boulanger
et les salaires de ses garçons, et dans les prix de l'un et de l'autre, le
travail de transporter le blé. »
Donc le prix naturel dépendrait de l'ensemble du coût
«
Le prix naturel est donc pour ainsi dire le point central vers lequel gravitent
continuellement les prix. »
Ce
mécanisme très heureux de fixation des prix ne paraissait devoir être enrayé
qu'en cas de monopole; en ce cas le niveau du prix paraissait devoir être
« le plus haut qu'il soit possible de retirer » (Smith ne songeait qu'aux
monopoles de vente).
La division du travail
Pour Adam Smith, un des facteurs essentiels
de l'accroissement de la productivité réside dans la division du travail.
Cette
tête est elle-même l'objet de deux ou trois opérations séparées, la frapper
est une besogne particulière, blanchir les épingles en est une autre; c'est
même un métier distinct et séparé que de piquer les papiers et d'y bouter
les épingles; enfin, l'important travail de faire une épingle est divisé en
dix-huit opérations distinctes ou environ lesquelles, dans certaines fabriques,
sont remplies par autant de mains différentes, quoique dans d'autres le même
ouvrier en remplisse deux ou trois.
J'ai
vu une petite manufacture de ce genre qui n'employait que dix ouvriers, et
où par conséquent quelques-uns d'entre eux étaient chargés de deux ou trois
opérations.
Mais
quoique la fabrique fût fort pauvre, et pour cette raison mal outillée, cependant,
quand ils se mettaient en train, (...) ces dix ouvriers pouvaient faire entre
eux plus de quarante-huit milliers d'épingles dans une journée; donc chaque
ouvrier, faisant une dixième partie de ce produit, peut être considéré comme
faisant dans sa journée 4 800 épingles.
Mais
s'ils avaient tous travaillé à part indépendamment les uns des autres, et
s'ils n'avaient pas été façonnés à cette besogne particulière, chacun d'eux,
assurément, n'eût pas fait vingt épingles, peut-être pas un seule, dans sa
journée. (. A. Smith Recherche sur la
nature et les causes de la richesse des nations, 1776
Ouvrage de référence : Principes de l'économie politique
et de l'impôt (1817)
D'autre part il privilégie la méthode déductive, il pose un certain nombre
d'hypothèses de fonctionnement de l'économie et raisonne ensuite dans ce cadre.
Ceci n'exclut pas les exemples chiffrés mais ceux-ci ne sont que les illustrations
d'une analyse générale préalable.
Leur production ne peut cependant pas s'accroître
proportionnellement aux nouvelles quantités de travail ou de capital fournies
aux terres déjà cultivées.
La loi des
rendements décroissants s'y oppose. Il faut donc, pour accroître la production,
mettre en culture de nouvelles terres. Or celles-ci sont moins fertiles, car
on suppose que les terres cultivées les premières étaient forcément les meilleures.
Dès lors,
les denrées produites ont des coûts différents suivant les terres d'où elles
viennent. Étant homogènes, elles ne peuvent cependant avoir qu'un seul prix
de vente, et celui-ci est forcément déterminé par le coût sur la plus mauvaise terre;, sans cela, en effet,
celle-ci ne serait pas mise en culture.
A mesure donc que la population ou les besoins s'accroissent,
le prix des denrées tend à monter.
Pour les exploitants, cela devrait pouvoir entraîner
des bénéfices différents suivant les terres qu'ils cultivent, mais les propriétaires
ne le permettent pas: ils exigent en effet des exploitants des terres les
meilleures une hausse des fermages, et les exploitants sont contraints par
l concurrence à s'y résigner.
Ce sont donc des oisifs, les propriétaires fonciers,
qui bénéficient du progrès, et leur bénéfice s'accroît à mesure que le progrès
s'affirme.
La croissance continuelle mais imméritée des rentes
paraissait à Ricardo un phénomène exceptionnel propre à la terre, phénomène
lié à la différence entre les coûts de production (...).
Si, ramenés en heures de travail, il faut 80 heures
pour produire un tonneau de vin au Portugal, et 90 pour fabriquer une mesure
de tissu, alors que les mêmes productions requièrent 120 heures et 100 heures
respectivement en Angleterre, alors Ricardo montre que le Portugal a intérêt
à se spécialiser dans la production du vin et l'Angleterre dans celle de la
toile, c'est-à-dire dans le secteur où ils ont chacun un avantage relatif.
Mais dès lors que les facteurs sont immobiles, un
tel raisonnement est mis en défaut. Il n'est plus possible de déplacer les
facteurs dans le pays le plus productif.
Par contre, la possibilité d'arbitrage sur les produits
finis subsiste. Ainsi un Portugais qui possède un tonneau de vin peut obtenir
8/9 mesures de tissu chez lui, mais 1,2 (1201100) en Angleterre.
De même un
producteur de tissu anglais peut obtenir davantage de vin en échange (100/80
tonneaux) en l'exportant au Portugal plutôt qu'en le vendant à des viticulteurs
anglais (1001120 tonneaux).
En outre, le commerce est profitable à tous: les
Anglais bénéficient du vin portugais meilleur marché, et les Portugais peuvent
acheter davantage avec leur production de vin.
Ouvrage
de référence : Le Capital
Pour
l'essentiel, les structures économiques déterminent les rapports entre les
classes sociales, classes sociales qui sont le moteur de l'histoire.
L'analyse marxiste, une critique vigoureuse du capitalisme
Cette
exploitation résulte de ce que le profit des entrepreneurs provient
d'un prélèvement sur la valeur créée par les travailleurs.
Parallèlement,
le capitalisme induit une aliénation croissante du travailleur, l'organisation
du travail dans l'entreprise fait que le travail est extérieur à l'ouvrier...
il ne s'affirme pas dans son travail; bien au contraire, il s'y renie.
Pourquoi
toutes ces marchandises ont-elles le même prix? C'est certainement qu'elles
ont quelque chose en commun, mais quoi?
Ce
n'est pas l'utilité que chacun y voit, puisque celle-ci varie d'un individu
à l'autre, ce n'est pas le poids ce n'est pas non plus la couleur ni le volume,
ni une quelconque propriété physique ou chimique.
Le
point commun le plus évident, c'est qu'il a fallu, pour produire chaque marchandise,
une certaine quantité de travail humain.
Si
deux biens valent le même prix, ne serait-ce pas alors qu'il a fallu à peu
près la même quantité de travail pour les produire?
Voyons
cela de plus près. Pour fabriquer un camemberts, il faut, bien sûr, l'intervention
de plusieurs ouvriers, mais il faut aussi du bois, qui permet de fabriquer
l'emballage, et des machines grâce auxquelles l'ouvrier transforme le bois
en boîtes.
Il
faut donc autre chose que du travail, pourrait-on croire, il faut des «matières
premières» et des machines, c'est-à-dire ce que l'on appelle du « capital
» (...).
Mais
poussons l'analyse un peu plus loin; comment le bois est-il devenu matière
première pour la fabrication de l'emballage ?
Comment
la machine a-t-elle été fabriquée?
Pour
que ce bois arrive à l'usine de papier, il a fallu que des bûcherons, armés
de tronçonneuses, exploitent une nouvelle forêt.
Pour
fabriquer la machine (ou la tronçonneuse), il a fallu de la même façon, à
une période antérieure, que des hommes exploitent des mines de charbon et
de fer et utilisent d'autres outils de travail pour fabriquer de l'acier,
puis la machine en question.
A
chaque fois qu'intervient une machine, on est donc amené à examiner l'activité
productrice dans la période qui précède et à retrouver toujours le travail
humain, exploitant les richesses naturelles avec des outils de plus en plus
simples au fur et à mesure que l'on remonte dans le temps. (...)
Toutefois,
une seconde difficulté apparaît. (...) Les hommes n'ont pas tous la même capacité
de travail, la même énergie, la même maîtrise de leur métier.
En
une heure, chaque ouvrier ne produit donc pas la même quantité de pains, de
briques, de boutons ou de transistors: la « productivité du travail » est
différente d'un travailleur à l'autre.
Il
serait donc absurde de mesurer la valeur d'échange d'une marchandise par le
temps de travail qui a été effectivement dépensé pour la produire. (...)
Ce
qu'il faut prendre en compte pour déterminer la valeur d'échange d'une marchandise
n'est donc pas la quantité de travail individuellement nécessaire à sa production
pour tel ou tel travailleur pris isolément, c'est la quantité de travail moyenne,
nécessaire dans un certain état de développement des techniques et dans un
état donné d'organisation du travail.
Nous
dirons en abrégé: la quantité de travail socialement nécessaire. (...)
Le salaire: valeur de la force
de travail
MM.
Martin et Dupont ne vendent pas (comme l'artisan du Moyen Age) le produit
de leur travail.
Ce
que le propriétaire de l'entreprise achète, c'est leur capacité physique et
intellectuelle à faire fonctionner une fraiseuse, une presse, une machine
quelconque: c'est leur force de travail. (...)
Qu'est-ce
alors que le salaire? C'est le moyen par lequel le propriétaire du capital
achète cette marchandise particulière, la force de travail. Ce qu'il paie,
c'est la force musculaire, l'énergie nerveuse et cérébrale, la qualification
professionnelle des ouvriers: le salaire est le prix de la force de travail.
Or,
la force de travail d'un homme, c'est tout ce qui lui permet de revenir jour
après jour, semaine après semaine, année après année, derrière sa machine,
c'est la nourriture, le logement, les transports, c'est le coût de sa formation.
(...) On voit donc bien que la force de travail est une
«
marchandise ».
Quand
l'entreprise vend les marchandises produites par ses ouvriers en une journée,
elle récupère, d'une part, le coût des matières et l'équivalent des salaires
qu'elle verse aux ouvriers; elle gagne, d'autre part, la valeur des marchandises
produites pendant le «surtravail» non payé: c'est le profit ou plus-value.
Le
capitalisme ne peut donc pas vivre sans l'exploitation des prolétaires. Les
relations entre classes sociales ne peuvent être qu'antagonistes puisque les
unes (capitalistes) n'existent que par l'exploitation des autres (prolétaires).
D'autre
part, l'hypothèse d'égalité de force entre les agents qui domine la pensée
libérale, ne permet pas de rendre compte du fonctionnement réel de nos sociétés
car celui-ci est marqué par les rapports de force.
Ainsi,
le Français F. Perroux insiste sur « les effets de domination » entre les
agents, entre les pays, sur les effets de structure tout en défendant l'économie
de marché.
Concept
absolument neutre, indépendant du jugement porté sur ce besoin au point de
vue moral, politique ou social: «Je dis que les choses sont utiles, écrivit-il,
dès qu'elles peuvent répondre à un besoin quelconque et en permettre la satisfaction.
Ainsi
il n'y a pas à s'occuper ici des nuances par lesquelles on classe, dans la
conversation courante, l'utile à côté de l'agréable, entre le nécessaire et
le superflu.
Nécessaire,
utile, agréable et superflu: tout cela, pour nous, est seulement plus ou moins
utile. Il n'y a pas davantage à tenir compte ici de la moralité ou de l'immoralité
du besoin auquel répond la chose utile...
Qu'une
substance soit recherchée par un médecin pour guérir un malade ou par un assassin
pour empoisonner sa famille, c'est une question très importante à d'autres
points de vue, mais tout à fait indifférente au nôtre. La substance est utile
pour nous dans les deux cas, et peut l'être plus dans le second que dans le
premier. »
La formation des prix en situation de concurrence pure et parfaite
Tout
le raisonnement de Walras à cet égard reposa sur quelques principes généraux:
la demande est fonction du prix; elle diminue à mesure que le prix augmente
ou inversement; le prix s'établit à un niveau tel que la demande et l'offre
s'équilibrent.
En
effet, Walras ne construisait qu'une théorie du prix instantané; or parler
d'adaptation de l'offre eût été faire intervenir la possibilité de modifications
de la production et de ses structures, c'est-à-dire se placer dans une longue
période de temps. (...)
Mais
il prit bien soin dès le début de rappeler qu'il entendait par concurrence
parfaite un état purement hypothétique, qu'il décrivit de la façon suivante:
« Les marchés les mieux organisés sous le rapport de la concurrence
sont ceux où les ventes et les achats se font à la criée, par l'intermédiaire
d'agents tels qu'agents de change, courtiers de commerce, crieurs, qui les
centralisent, de telle sorte qu'aucun échange n'a lieu sans que les conditions
en soient annoncées et connues, et que les vendeurs puissent aller au rabais
et les acheteurs à l'enchère.
C'est
encore la concurrence qui incontestablement préside à la fixation de la valeur
des consultations de médecins et d'avocats, des séances de musiciens et de
chanteurs.
De
notre temps nous représentons très simplement ce mécanisme par un graphique
sur lequel, les prix étant portés en abscisses et les quantités en ordonnées,
une courbe de la demande, descendante, exprime les quantités demandées à chaque
prix éventuel, et une courbe de l'offre, ascendante, indique les quantités
offertes à chaque prix éventuel; les courbes se rapprochent d'autant plus
de la verticale que l'offre ou la demande sont plus élastiques; le niveau
du prix effectif est indiqué par le point d'intersection de deux courbes.
« Plusieurs marchandises étant données..., pour qu'il
y ait équilibre du marché à leur égard..., il faut et il suffit qu'à ces prix
(le prix de ces marchandises en numéraire) la demande effective de chaque
marchandise soit égale à son offre effective.
Lorsque cette égalité n'existe pas, il faut, pour
arriver au prix d'équilibre, une hausse du prix des marchandises dont la demande
effective est supérieure à l'offre effective, et une baisse du prix des autres.
»
Cette formule vaut beaucoup mieux que la loi de l'offre
et de la demande, car Walras disait ainsi que l'offre et la demande sont fonction
du prix, et indiquait sa croyance à l'interdépendance de tous les marchés.
L'étude de la formation des prix ne fut cependant
qu'un point de départ. Ce qu'il y a de plus original dans Walras, c'est sa
conception de l'équilibre général.
Il pensait profondément que l'activité économique
constituait une sorte de mécanisme fait d'éléments interdépendants et s'articulant
les uns sur les autres. Les prix touchés sur un marché étaient des sources
de revenus utilisables ailleurs comme pouvoirs d'achat.
Dès lors il lui semblait que dans certaines conditions
un certain équilibre devait s'établir entre toutes les variables économiques,
c'est-à-dire entre les prix de tous
les produits et facteurs de la production et les quantités de ces produits
et facteurs.
Dans tout système économique, il y a trois séries
de marchés, articulés les uns par rapport aux autres grâce à des personnages
appelés "entrepreneurs".
Les premiers sont les marchés des produits. Les seconds
sont ceux des services producteurs; ces services sont au nombre de trois:
ceux provenant de l'homme et consistant en travail, ceux provenant des capitaux
mobiliers, et ceux provenant de la terre.
Pour Walras l'entrepreneur est celui qui, placé entre
le marché des services producteurs et celui des produits, court le risque
de ne rien toucher si le prix des produits n'est pas supérieur à celui des
services producteurs, ou même de perdre si le second de ces prix dépasse le
premier; en revanche l'entrepreneur peut toucher théoriquement des bénéfices
considérables si le premier dépasse de beaucoup le second.
Pour Walras, il existait enfin une troisième catégorie
de marchés, les marchés des capitaux.
Il présenta donc l'activité économique comme résultant
du jeu de trois séries de marchés: marchés des produits, marchés des services
producteurs et marchés des capitaux.
L'équilibre économique, pensa Walras, exige que sur
chacun d'eux l'offre et la demande s'égalisent par un mouvement des prix.
Il exige aussi que, ces marchés étant interdépendants
les uns des autres à la manière des vases communicants, aucun mouvement des
prix ne puisse se produire sur l'un d'eux sans se répercuter sur les autres,
ou sans être contenu sur le premier de ces marchés en raison des résistances
auxquelles se heurte sa répercussion sur les autres.
C'est l'entrepreneur qui est l'agent de réalisation
de l'équilibre entre les marchés.
Or, pensait Walras, il y a un cas où cet équilibre
se réalise forcément, c'est celui où l'on se trouve en présence d'une économie
statique- et en situation de concurrence parfaite.
Sans doute, l'analyse de Walras paraît confirmer
les thèses classiques sur l'harmonie entre coût et prix, et accepter qu'un
état de concurrence suffirait à assurer automatiquement le maximum possible
de satisfaction.
Il y a pourtant entre la théorie classique et celle
de Walras une différence essentielle: c'est que les disciples de Smith avaient
fini par croire que l'état de concurrence était en fait réalisé...
Walras savait que notre monde actuel n'est pas conforme
à cet idéal et que le laisser-faire à lui seul est incapable de réaliser la
concurrence.
Les néoclassiques rejettent la valeur travail adoptée
par les classiques.
Ce qui fait la valeur d'un bien du point de vue économique
c'est l'appréciation que porte un individu sur son utilité.
L'utilité des biens retenue ne constitue pas une
propriété objective des choses mais dépend de la quantité de ce bien dont
dispose un individu donné: plus il possède une quantité importante, plus l'utilité
qu'il retire de l'acquisition d'une unité supplémentaire sera faible.
« Parler sans plus de la valeur d'usage de
l'eau n'a pas de sens; il ne suffit pas d'ajouter, comme nous venons de le
voir, que cette valeur d'usage est relative à un certain homme, elle est différente
suivant que cet homme meurt de soif, ou qu'il a déjà bu autant qu'il le désirait.
Pour être plus précis, il faut parler de la valeur d'usage d'une certaine
quantité d'eau venant s'ajouter à une quantité connue déjà consommée».
La concurrence pure et parfaite conduit à l'optimum économique
Si pour une raison ou une autre on s'éloigne de cette
situation, des mécanismes spontanés tendent à rétablir la situation d'équilibre.
Ainsi, dans le cas des prix, si l'offre est supérieure
à la demande, les prix ont tendance à baisser, ce qui accroît la demande et
rétablit donc l'équilibre.
La défense du capitalisme
Le salaire est la rémunération du facteur travail,
le profit celle du capital (et de l'activité d'entreprise).
Chacun de ces facteurs est rémunéré en situation
de concurrence à sa productivité marginale, le mode de répartition en économie
de marché est donc juste; comme la concurrence permet aussi l'optimum économique,
c'est le meilleur type d'organisation possible.
Une approche macro-économique et en termes de circuit
Par
là nous avons voulu marquer que nous avions principalement en vue le fonctionnement
du système économique pris dans son ensemble, que nous envisagions les revenus
globaux, les profits globaux/ la production globale, l'emploi global, l'investissement
global et l'épargne globale bien plus que les revenus, les profits, la production,
L'emploi, l'investissement et l'épargne d'industries, d'entreprises ou d'individus
considérés isolément. Et nous prétendons qu'on a commis des erreurs graves
en étendant au système pris dans son ensemble des conclusions qui avaient
été correctement établies en considération d'une seule partie du système prise
isolément.
Cette
approche outre son intérêt du point de vue théorique a été à l'origine du
développement des comptabilités nationales après 1945.
Ainsi
par exemple une partie de l'épargne peut être thésaurisée donc retirée du
circuit économique.
Les
décisions d'épargne et d'investissement sont largement autonomes l'une par
rapport à l'autre et n'ont donc aucune raison de s'ajuster spontanément.
La
critique de la loi de J.-B. Say met en cause un des fondements de l'analyse
néoclassique. En effet, le déséquilibre entre offre et demande devient non
seulement possible mais hautement probable à un moment ou à un autre de l'évolution
économique.
Le
niveau de la demande qui était la résultante et le reflet des conditions de
l'offre pour les néoclassiques devient un élément actif et moteur dans l'analyse
keynésienne.
Au rôle central de la demande effective
Pour
Keynes les entrepreneurs anticipent à la fois ce que les consommateurs vont
décider de consacrer à leur consommation et ce que les entreprises et l'État
vont décider d'investir.
Ces
deux composantes de la demande (biens de consommation et biens de production)
constituent la «demande effective c'est-à-dire la demande anticipée par les
entrepreneurs.
Cette
incertitude réduit le déterminisme des décisions et accroît le rôle actif
de l'entrepreneur. Si Keynes étudie les facteurs rationnels qui influencent
l'entrepreneur, il insiste aussi sur le caractère partiellement irrationnel
de ces choix, qui font de l'économie autre chose qu'une simple réalité mathématisable.
L'intervention de l'État
Cette
inflation est d'ailleurs d'autant moins importante que l'appareil productif
est capable de réagir positivement aux variations de la demande et que le
pays est peu contraint par rapport à l'extérieur.
On
ne s'étonnera pas, dans cette optique, que les keynésiens actuels préconisent
la mise en place de politiques industrielles actives susceptibles de réduire
la dépendance extérieure et les rigidités de l'appareil de production.
2- d'après le schéma "nature de l'activité économique",
- quelle est la nature des biens intégrés par les
services ?
- A votre
avis, que représentent les "placements financiers" dans les choix
économiques des producteurs ?
3- Connaissez
vous un pays dans lequel est appliquée une politique "malthusianiste"
orchestrée par l'Etat ? Dans l'affirmatif, en quoi consiste cette politique
?
4- Dans le texte de Ludwig Von Mises,
- Qu'entend- t- on par "lois du marché"?
- Pensez-
vous que le développement d'une "technostructure est compatible avec
les principes démocratiques ? Justifiez votre réponse.
- En quoi
le droit à l'éducation, au travail, à la Sécurité Sociale, sont- ils des "créances
sur la société"?
5- D'après
D. Ricardo, dans le cadre des échanges internationaux, un pays doit échanger
les biens pour lesquels il possède un "avantage comparatif" par
rapport à ses concurrents.
Dans les échanges entres pays développés et pays
qui le sont moins, ce sont les biens fabriqués et exportés par les pays développés
qui intégrent le % le plus élevé de frais de main- d'œuvre.
- exposez
la différence entre un avantage absolu et un avantage relatif en vous servant
d'exemples;
- à votre
avis, est- ce au niveau des coûts salariaux que les pays développés ont un
avantage comparatif par rapport aux pays en voie de développement ? Cela contredit-
il la thèse de Ricardo ?