CORRIGÉ
: LES PRINCIPAUX MODÈLES DE POLITIQUE ÉCONOMIQUE FACE A LA CRISE
La logique monétariste
• Les théoriciens
monétaristes rejettent l'action des keynésiens qui financent le déficit
budgétaire par la création monétaire .
Selon
Friedman, à moyen et long terme, toute manipulation de la monnaie et de la
demande publique engendre, non une création de richesses réelles, mais de
l'inflation et des déséquilibres économiques.
1. L'inflation
supplémentaire provient de ce que les entreprises « anticipent » le caractère
artificiel de la demande supplémentaire.
2.
L'allocation des facteurs est
perturbée car seul le marché peut décider, de façon décentralisée, des
activités économiques les plus efficaces et les plus désirées par les agents
économiques... La puissance publique engendre un
«
effet d'éviction » par rapport
au secteur privé qui se trouve privé de ressources par les prélèvements obligatoires
excessifs.
• Pour sortir de la crise, il s'agit donc essentiellement
de faire progresser la monnaie au même rythme que la production des richesses
réelles .
• La logique de base des monétaristes, face à la
crise, consiste à imaginer que si la création monétaire est ralentie, les
entreprises seront plus attentives aux salaires versés et aux investissements
réalisés.
Les
entreprises les plus faibles feront faillite, relevant le niveau global de
la productivité.
Les
salaires deviendront plus sages et la montée du chômage frappera en premier
lieu les agents économiques les moins performants.
Ce
processus amènera ainsi les salaires au niveau de la productivité marginale des
travailleurs les moins efficaces, ce qui stimulera l'embauche car l'emploi de
travailleurs deviendra alors rentable.
La logique de l'offre
• La logique de l'offre rend responsable de la
crise le niveau excessif des
prélèvements obligatoires .
L'idée
développée par A. Laffer et G. Gilder consiste à imaginer que la hausse des
prélèvements obligatoires diminue les revenus disponibles des agents
économiques qui sont ainsi de moins en moins incités à créer des richesses
supplémentaires.
Un
véritable "cercle vicieux" joue dans le sens de la hausse des prélèvements
obligatoires. Lorsque l'on augmente les barèmes fiscaux, on arrive à un seuil
où le découragement est tel que les rentrées fiscales baissent, et ce, malgré
la hausse des taux car la matière imposable est en quelque sorte tuée dans
l'œuf...
Ainsi,
il suffit de diminuer les taux pour stimuler l'activité; en effet, elle seule
crée les richesses qui sont la source des recettes fiscales, mais surtout
de la croissance et de l'emploi.
•
Plus généralement, la logique de l'offre consiste à accompagner la baisse des
taux d'imposition de celle des cotisations sociales en créant un cadre où
l'État laisse libre cours à l'activité privée...
Diminuer
les règlements, limiter les contraintes liées au droit du travail, affaiblir
les syndicats considérés comme des facteurs de rigidité, telles sont les mesures
de base d'une action sur l'offre.
•
En dernière analyse, la théorie de l'offre renoue avec la <( logique de la
main invisible » d'Adam Smith: chacun recherchant son intérêt privé,
I'efficacité pour tous sera obtenue par l'aiguillon de la concurrence.
L'État
idéal est peu dépensier et se limite, pour l'essentiel, aux fonctions régaliennes
(défense, justice, police...).
les modèles
d'action d'inspiration volontariste (néo keynésien, socialiste et social-démocrate)
Le modèle volontariste axé sur les
nationalisations et la relance
•
Le rôle théorique des nationalisations
Les
nationalisations des banques et
des grands groupes privés avaient théoriquement pour but de relancer l'investissement,
de créer des filières par une politique concertée entre les groupes, de servir
de fer de lance pour l'emploi et la croissance, et de développer la logique
de l'intérêt national.
• Le rôle théorique de la relance
La
relance keynésienne fut tentée en
1976 par MM. Chirac et Fourcade qui stimulèrent l'investissement dans le but de
relancer les entreprises; en 1981, elle fut tentée par le biais de la
consommation populaire (MM. Mauroy et Delors).
La
logique d'une telle relance est fondée sur l'action du multiplicateur des
dépenses publiques.
Lorsqu'un
déficit budgétaire engendre un pouvoir d'achat nominal supplémentaire dans
le circuit économique, on espère que les entreprises vont anticiper une demande
en hausse et accroître leurs capacités de production en investissant et en
recrutant de nouveaux salariés; I'effet multiplicateur est d'autant plus fort
que la propension à consommer est élevée.
• Le traitement social du chômage
Après
le 10 mai 1981, I'idée que rien n'est plus coûteux qu'un chômeur - tant
socialement qu'économiquement - a donné lieu à une thérapeutique sociale du chômage.
Les
principales mesures adoptées (plans de formation, mises en préretraites, octroi
d'indemnités de reconversion, aides aux régions touchées par la concurrence
des N.P.I.) permirent, pendant deux ans, de freiner quelque peu la marée du
chômage; mais le coût financier de cette politique allait croissant...
• Le social face à la contrainte de
l'équilibre des comptes
Le
recrutement de fonctionnaires et le développement des services sociaux, entre
1981 et 1982, en France, devaient créer une demande publique dont le rôle
était de relayer la demande privée défaillante...
L'acceptation
d'un certain déséquilibre du budget
social par le ministre de la Solidarité nationale (Nicole Questiaux)
supposait que l'effort de justice comprenne une certaine fiscalisation de la
solidarité.
Plus
généralement, le développement de la demande socialisée fut parfois présenté
comme une alternative au mode de consommation capitaliste au sens strict..
Le modèle gestionnaire et social-démocrate
classique
A
la différence du modèle d'inspiration socialiste, la politique sociale démocrate classique (R.F.A., Suède...) considère
que le domaine de la production relève principalement du secteur privé.
Mais
ce type de politique économique accorde une place importante à l'État dans
l'élimination des effets néfastes de la croissance capitaliste.
L'État
doit développer la Sécurité Sociale, soutenir financièrement les chômeurs
et les victimes de la crise; la fiscalité doit donc être fortement progressive
dans un but de justice sociale...
LES POLITIQUES ÉCONOMIQUES A L'ÉPREUVE
DES FAITS
Les effets des instruments libéraux
(offre, monétarisme)
Les effets de l'action monétaire
•
Le ralentissement de la croissance de la
masse monétaire fut un moyen important de refroidissement de l'inflation et
provoqua un choc important sur les entreprises les plus faibles qui utilisaient
l'endettement et la hausse de leurs prix de vente pour équilibrer leurs
comptes...
La
décennie 80 vit en effet une réduction importante de l'inflation dans les
pays ayant réduit le rythme d'augmentation de leur masse monétaire.
•
Mais la thérapeutique monétariste, en réduisant le volume de la consommation,
a largement affecté la demande anticipée par les entreprises ; celles-ci,
face à une demande faible, ont préféré ne pas investir et utiliser leurs avoirs
dans des placements financiers.
Les
placements sont devenus alors attractifs du fait de la hausse des taux
d'intérêts réels (les taux d'intérêts nominaux ayant bien moins baissé que l'inflation).
Ainsi,
en Grande-Bretagne, la thérapeutique
monétariste a engendré un renforcement des firmes les plus fortes mais la
reprise économique n'a pas suivi le redressement des comptes des entreprises
survivant à la purge monétariste...
Par
contre, aux États-Unis, une vive reprise s'est développée à partir de 1983,
mais le contexte économique ne se réduit pas au monétarisme (le déficit budgétaire
et les dépenses militaires ont joué un rôle que n'avaient pas prévu les monétaristes).
•
En Grande-Bretagne le monétarisme a renforcé le taux de change de façon artificielle
et a provoqué une perte de compétitivité à l'exportation, d'où un déficit
commercial accru pour les biens manufacturés; malgré le pétrole de la mer
du Nord, ce pays ne peut équilibrer sa balance des paiements.
Les effets de l'action fiscale
En
théorie, la baisse de la fiscalité, adoptée
notamment par le gouvernement Reagan, devait engendrer une montée rapide des
recettes fiscales, corollaire d'une vive croissance.
Certes,
les "cadeaux fiscaux" faits aux entreprises acceptant de réinvestir
leurs profits furent très utilisés par les firmes performantes capables de
s'autofinancer, mais le déficit budgétaire record de l'année 1984 et celui qui
s'annonce en 1985 attestent de l'insuffisance des effets de l'offre pour
contrebalancer la baisse des taux d'imposition.
De
plus, il n'est pas du tout évident que la croissance résulte principalement
de cette baisse des taux d'imposition, d'autres facteurs ayant joué un rôle
bien plus fondamental dans la reprise américaine.
Les effets de la politique sociale
•
La politique libérale a eu bien plus de mal à appliquer son action sur les dépenses sociales que sur les recettes
fiscales.
Contrairement
aux thèses proclamées, les dépenses sociales ont continué à progresser malgré
les protestations des théoriciens monétaristes et de l'école de l'offre (voir
p. 279 et sujet 19).
•
Il semble que l'essentiel des victoires obtenues par les politiques économiques
libérales aient été remportées contre
les syndicats et les droits acquis.
Désormais,
les salaires sont plus flexibles à la baisse, les réglementations sont adaptées
aux outils de production robotisés, les chefs d'entreprise disposent dans leurs
entreprises d'un relatif consensus pour mener une stratégie offensive.
L'ajustement
du volume d'emploi à la charge de travail s'est amplifié dans les pays libéraux,
permettant ainsi aux entreprises d'éviter des pertes considérables.
La surprenante politique « à contre
» favorisée par le dollar
Usuellement
une politique de rigueur limite le déficit budgétaire (frein budgétaire) et la
création monétaire (frein monétaire).
La
politique économique est considérée par les spécialistes comme à contre car elle appuie sur le frein par le monétarisme et sur l'accélérateur
avec le déficit budgétaire record!
Les
résultats encourageants obtenus aux États-Unis à partir de 1983 tiennent à des
facteurs non prévus dans les programmes du candidat Reagan:
• le déficit
budgétaire record provoqué par la baisse de la fiscalité a eu un effet très
stimulant sur l'économie américaine;
• les dépenses
militaires records ont stimulé les entreprises américaines les plus
performantes dans les domaines de pointe;
• la déréglementation
a encouragé les créations d'entreprises de façon tout à fait considérable;
• l'absence
de contrainte extérieure a permis
aux États-Unis d'opérer une relance dont les keynésiens des autres pays ne
peuvent que rêver car ils ne disposent pas, comme les États-Unis, de leur
propre monnaie pour payer le déficit commercial;
• les nombreuses créations d'emploi dans les services à faible productivité sont rendues
possibles par le pouvoir d'achat croissant du pays qui bénéficie de ces déficits
records et de l'afflux des capitaux étrangers, attirés par la clémence fiscale
et les hauts taux d'intérêts nominaux.
Des résultats qui n'ont cependant pas
suffi à résorber la crise
Il
est clair que la reprise des pays
capitalistes, à partir de 1983, s'est effectuée sans inflation avec une
modernisation des entreprises, une hausse de leurs profits et même des
investissements de modernisation.
Pourtant,
de nombreux éléments pèsent comme des menaces et vont ralentir la croissance
au milieu des années 1980 :
•
le poids de l'endettement de l'État
américain va l'obliger à augmenter ses rentrées fiscales;
•
la montée des déficits de la balance
des paiements va engendrer une plus grande méfiance à l'égard du dollar
et induire une remontée des taux d'intérêts nominaux américains avec un effet
négatif sur l'investissement et la croissance;
•
les progrès de la Troisième Révolution
industrielle limitent les créations d'emplois tertiaires à moyen terme et
posent la question du plein emploi.
Dans
la mesure où les États-Unis ont joué un rôle majeur de " locomotive"
dans la reprise économique, tout ralentissement de la croissance et toute
reprise de l'inflation dans ce pays menacent clairement l'ensemble de l'économie
mondiale, encore très fragile.
Le
Financial Times, étudiant l'économie
mondiale face au ralentissement de l'économie américaine, montre les limites
des politiques économiques suivies: « Les effets des réductions fiscales de M.
Reagan sur la composante offre, qui étaient censées modifier la structure
fondamentale de l'économie américaine, ont peut-être contribué à aiguillonner
le dollar et à maîtriser l'inflation, mais ils n'ont certainement pas contribué
jusqu'à présent à accélérer la croissance à long terme des États-Unis.
Ils
ne sont pas parvenus non plus à éliminer les facteurs cycliques normaux: en
effet, selon la théorie économique classique, à mesure que l'économie s'approche
du plein emploi, les effets bénéfiques d'une relance par la voie budgétaire
se dissipent progressivement, par le biais d'une hausse des taux d'intérêt,
d'une résurgence de l'inflation, d'un accroissement des importations, ou par
une combinaison des trois. » (Anatole Kaletsky, Financial Times, 26 juin 1985)
les effets contrastés d'une politique
de relance keynésienne assortie de mesures sociales
La relance par la consommation A. Les aspects positifs
Les
deux années de relance de la consommation
(1981-1982) ont permis à la France de connaître un différentiel de croissance
positif, et surtout, de limiter la hausse du chômage...
B. Les mécanismes pervers
• La contrainte extérieure
La
relance de la consommation a entraîné une forte montée des importations,
creusant un déficit important de la balance des paiements, source
d'endettement.
La
France apparaît comme un pays contraint dans une économie interdépendante .
Après
la relance, il a donc fallu un plan de rigueur (Fabius-Bérégovoy). Seule une
politique de spécialisation adaptée réduirait la dépendance extérieure en
permettant une relance autonome.
Dans
une économie mondialisée, les agents économiques tiennent compte des différentiels
d'inflation, des variations des taux d'intérêt et de change, tout pays qui
a des résultats moins bons que ses voisins les plus efficaces voit les capitaux
le fuir pour se porter vers les pays les plus sûrs et les plus rémunérateurs.
• La dérive inflationniste
La
relance Mauroy-Delors fut réalisée
en partie grâce au déficit budgétaire que finançait la création monétaire;
il en a résulté une hausse des prix car les entreprises n'ont pas anticipé
sur la demande et ont choisi d'augmenter leurs prix plutôt que leur production.
• Le danger de la surconsommation
Lorsque
l'on relance la consommation et que l'appareil productif ne réagit pas par
une offre accrue, il en résulte à la fois un endettement
extérieur (on consomme en "tirant sur l'étranger") et une diminution du taux d'épargne et du taux
d'investissement (on prélève sur l'avenir); dans les deux cas, le pays diminue
sa compétitivité donc son niveau de croissance et d'emploi pour le futur.
C. Le frein, conséquence des mécanismes
pervers
Les nationalisations en question
A. Les effets positifs des nationalisations
• La hausse du taux d'investissement par rapport
aux années immédiatement précédentes.
• L'arrêt immédiat de certains démantèlements ou
ventes de filiales à l'étranger.
• La mise en place de politiques de filières et la
constitution de pôles avec une certaine collaboration (ex.: Thomson-C.G.E.,
C.l.l.-H.B., dans l'électronique).
B. Les coûts, non négligeables, des
nationalisations
•
Coût élevé de l'apprentissage lors du changement de gestionnaires.
•
Prix élevé de l'indemnisation qui a pesé sur les finances publiques.
• Perte de l'accès du financement privé des actionnaires
qui a reporté sur l'État une charge importante.
• Coût élevé du rôle de modèle social qui freine
les mutations et la modernisation en instaurant des rigidités dans les procédures
de gestion.
• Conflits entre les entreprises et le ministre de
l'industrie qui perturbent parfois la constitution de filières.
LES NOUVELLES IDÉES DE POLITIQUE
ÉCONOMIQUE OU LA RECHERCHE DE L'EFFICACITÉ FACE A LA CRISE La société M (William
Ouchi)
•
La logique « de type M » (W. Ouchi)
L'observation
de William Ouchi a mis en évidence que les performances de la société
japonaise, et plus généralement des entreprises les plus efficaces qu'il avait
étudiées, mettaient en évidence des comportements et un système qui combinent une concurrence interne parfois
acharnée dans l'exécution et une collaboration
pour atteindre les objectifs communs fondamentaux.
La
force du système japonais vient non d'un libéralisme sauvage, mais d'une
collaboration entre les entreprises menée sous l'égide de responsables d'État
(M.l.T.I.). soucieux de dégager l'intérêt commun et ce, avec une collaboration
poussée entre les partenaires sociaux.
Même
les systèmes bancaires et commerciaux sont largement associés à l'avenir des
groupes industriels...
L'intégration du micro-économique
contre la crise
Le
développement des groupes de progrès et la mobilisation des individus dans
l'entreprise sont fondamentaux.
Il
est impossible de robotiser sans mobiliser, de gagner des marchés sans utiliser
les idées des personnes les plus modestes qui constituent le patrimoine humain
de l'entreprise.
La
constitution de cercles de qualité et de cercles de progrès doit combiner
la responsabilité, la formation et la prise de parole des salariés.
L'adaptabilité des entreprises,
ou une politique économique intégrant le micro-économique
•
Flexibilité des salaires
Le
système japonais du bonus s'est révélé très performant pour la survie des
firmes et le maintien de l'emploi. Lorsque tout va bien, les salariés touchent
une participation aux bénéfices qui peut atteindre six mois de salaire.
•
La valorisation de la matière grise
Les
pays qui gagnent sont aussi ceux qui ont fait l'effort le plus grand dans la
valorisation de leur matière grise: recherche-développement stimulée, effort
éducatif élevé, formation intégrée à leur appareil productif...
•
Flexibilité des équipements
C'est
en « faisant transpirer les machines ~ que l'on peut améliorer la compétitivité,
en amortissant le poids de la robotisation sur plus de produits, avec plus
grand nombre d'équipes et moins de travailleurs. L'effet productivité, combiné
à l'effet qualité, fait de l'usage prolongé des équipements coûteux une source
d'emplois.
a
La recherche d'une plus grande valeur ajoutée
L'idée
développée par Brender et Aglietta est qu'il " faut vendre cher le travail
français "; ceci suppose une bonne spécialisation, un dynamisme commercial,
une innovation permanente dans les produits...
•
La qualité d'aujourd'hui c'est la demande de demain et l'emploi d'après-demain
Dans
les usines Ford, une affiche proclame: " La qualité, c'est la satisfaction
du client de demain donc l'emploi d'après-demain. ".
Pour
dépasser la crise, il faut stimuler les cercles de qualité et responsabiliser
les travailleurs en leur donnant des objectifs clairs...
Le
maintien de l'emploi est souvent le plus grand stimulant pour les employés de
l'automobile qui ont senti le boulet noir du chômage passer fort près de leur
emploi; ceci s'applique, bien sûr, à d'autres branches.
Le keynésianisme mondial, une
autre voie?
Mais
les keynésiens répondent aux partisans d'une reprise fondée sur l'offre et
à ceux d'une démarche micro-économique face à la pénurie d'emploi que, seule,
une demande globale peut assurer que l'activité des uns n'est pas simplement
retirée à des concurrents plus fragiles...
Selon
cette démarche, il faut étendre le fordisme à l'ensemble de la planète (voir
p. 268). Cela signifie que la vraie réserve de demande est dans le Tiers Monde
qui représente plus des trois-quarts de la population mondiale...
L'insolvabilité
du Tiers Monde est donc le problème clé à résoudre, non par le biais des banques
privées, effrayées par l'endettement actuel des P.V.D. (voir p. 394 et suiv.),
mais surtout par une transformation des rapports Nord-Sud et, en particulier,
du système financier international.
Les
débiteurs doivent être vus comme des éléments qui peuvent stimuler la demande
mondiale et préparer, par leur modernisation, des industries capables de rembourser
plus tard une partie de la dette, ce qui implique peut-être qu'un moratoire
annulant les dettes des pays les plus fragiles devrait être prononcé à intervalles
réguliers.